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Nationalité exclusivement sénégalaise 5 ans avant le scrutin: ni queue ni tête

La nationalité ne se proclame pas, elle se vit à découvert. C’est l’expression d’un ancrage qui se dévoile invariablement au grand jour. La recommandation de renoncer 5 ans avant les scrutins présidentiels à toute autre nationalité n’est brandie par la majorité que pour en faire plus tard un objet de compromis. La mouvance présidentielle veut acculer l’opposition à l’action et à l’occupation. Par la suite, elle viendra afficher une posture d’ouverture au dialogue, en renonçant gracieusement à cette proposition farfelue. En la rejetant en bout de ligne, le président de la république, dans son rôle décisif d’arbitre, va attester de sa hauteur et d’un sens des responsabilités.
Certes, il est inconcevable que le chef de l’État ait une nationalité de rechange. Il est également clair que cela aurait une incidence contreproductive sur l’édification de la nation sénégalaise. Mais, là n’est pas la question. Nous pouvons comprendre et envisager à juste titre la nationalité exclusivement sénégalaise de tout candidat à la présidence sans pour autant stigmatiser ni dramatiser la condition des sénégalais devenus accidentellement et superficiellement autre chose. Être sénégalais, c’est d’abord sentiment, valeurs senties et non moins perceptibles.
La nationalité et les exigences qu’elle implique quant à l’éligibilité sont pertinentes, somme toute. C’est davantage le sentiment d’appartenance au service de la patrie que le législateur cherche à quantifier pour un meilleur profil dans la magistrature suprême. Dès lors, cette étiquette ne peut servir de prétexte et d’arme taillés sur mesure pour ne barrer la route qu’aux concurrents. Autant la question était ridicule quand les opposants brandissaient la nationalité allemande d’Abou Lô, ex ministre, pour en faire un casus belli, autant il est grotesque de la part des tenants du pouvoir de se faire passer presque ségrégationnistes en pointant du doigt des postulants potentiels.
Le code électoral précise que celui qui veut être candidat fait une déclaration sur l’honneur par laquelle il atteste qu’il a exclusivement la nationalité sénégalaise. Alors que nous sommes à 3 ans des élections de 2019, exiger des candidats qu’ils renoncent à leur nationalité de trop, 5 ans avant les élections, est manifestement de mauvaise foi. A priori, tout cela est destiné à déclarer forclos les binationaux beaucoup trop ambitieux. En définitive, c’est juste pour embêter et ridiculiser les réfractaires, après coup. De toute façon, il reviendra, en bon droit, aux citoyens la responsabilité décisive de jauger la fibre patriotique des candidats à la présidence afin de porter leur choix sur celui à travers qui ils s’identifient le plus. Après tout, le peuple souverain ne se trompe jamais, dit-on.

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Birame Ndiaye

Birame Ndiaye

Birame Ndiaye est journaliste et Analyste sur Senécoplus. Diplômé de l’école des hautes études politiques (EHEP, Paris) en 2003 il a complété un certificat en administration des services publics à l’UQAM en 2008 et un certificat en journalisme à l’UDEM en 2014.
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