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Moyen Orient : la redistribution des cartes après l’accord sur le nucléaire iranien dans les relations internationales

Devenu une poudrière avec la création de l’Etat hébreux, le Moyen Orient est toujours au-devant de l’actualité internationale du fait de nombreuses contingences nées de la tension ambiante entre la Palestine et Israël. Mais aussi de berceau des trois religions révélées et monothéistes et de son statut de première région pétrolifère au monde en raison de ses innombrables réserves et de ses productions record. Ce qui le place d’ailleurs au cœur de l’économie mondiale. Une économie planétaire quasi dépendante des fluctuations des prix du marché du pétrole. Donc, des opportunités qui justifient cette ruée des grandes puissances vers cette région. Des préoccupations géostratégiques pour les grands de ce monde à l’instar des Etats Unis,  plus soucieux à résoudre sa dépendance énergétique qu’à œuvrer pour une paix véritable et durable dans cette sous région meurtrie par près de soixante dix années de conflit israélo arabe. Et ladite ruée des grandes puissances occidentales aboutit à des signatures d’accords secrets avec la plupart des monarchies du golfe arabo persique au lendemain de la seconde guerre mondiale, au moment où l’Onu disqualifiait, pourtant l’impérialisme armé dans sa charte fondamentale, mais semblait de l’autre côté, encourager l’impérialisme idéologique. Et cet état de fait ne faisait que confirmer cette phrase du général De Gaulle qui avait soutenu que l’Onu est un machin pour les grandes puissances. Un impérialisme qualifié de néo-impérialisme par les uns ou d’idéologique par les autres, qui bouleversa cette partie du monde où britanniques et russes  finirent par céder progressivement leurs places à la toute puissance Amérique.

D’abord, on a le cas de l’Arabie Saoudite où la dynastie Faysal préférait les américains plutôt que les anglais pour l’exploitation de l’or noir découvert en 1930, en échange d’une protection totale pour perpétuer la monarchie. Un soutien de l’Amérique dont les différentes administrations américaines ont profité mais aussi les souverains saoudiens qui se sont succédé au trône.  En effet, de ibn Sa’ ûd mort en 1953 et remplacé par Sa ûd ibn Abd al Aziz qui cède en 1958 la réalité du pouvoir à son frère Faysal ibn Abd al Aziz, l’Arabie Saoudite bénéficiant aussi des retombées politico-économiques  du pèlerinage à la Mecque, s’affirme davantage au niveau international. Mieux, Faysal s’arrogeait à la fois le titre de champion du panislamisme et de protecteur des régimes conservateurs arabes. Même si ce rôle semble être mis en veilleuse par son successeur, Khalid ibn Abd al Aziz pendant ses sept années passées au pouvoir, il reste que l’influence de Ryad dans la sous région était toujours de mise. Puis, c’est le tour du roi Fahd de lui succéder en 1982. Ce dernier profita de la guerre Iran-Irak dans les années 1980 pour s’imposer comme le leader incontesté du monde arabe en pesant tout son poids sur toutes les décisions de la Ligue Arabe. Et cette mainmise sur ladite institution s’est accrue surtout après l’opération « Tempête du désert » financée en grande partie par l’argent du pétrole et qui va aboutir par libération du Koweït. Mieux, cette montée en puissance de l’Arabie Saoudite  atteindra le pic avec la batterie de sanctions conséquence de l’embargo contre Téhéran.

Ensuite, c’est le tour de l’Iran d’emboiter le pas à l’Arabie Saoudite avec l’arrivée de Mossadegh comme Premier ministre de Mohammed Rezä de la dynastie Pahlavi en 1951. D’abord, il proposa aux britanniques qui exploitaient le pétrole iranien avec le consortium l’Anglo Iranian Oil company de se partager les revenues (fifty-fifty). Une proposition rejetée par les anglais qui finirent par boycotter le pétrole iranien après sa nationalisation par Mossadegh. Une nationalisation qui contraria beaucoup l’occident en particulier les Etats unis qui finirent par boycotter eux aussi la production du National Iran Oil Company, non sans prendre des mesures de rétorsions contre Téhéran comme la suspension de l’aide américaine, avant d’instruire la CIA pour mettre des bâtons dans les roues du régime dont la sympathie au sein des populations grandissait jour après jour. Mais, les représailles américaines, combinées aux agissements de leurs services secrets provoquèrent un soulèvement populaire qui aura eu raison de Mossadegh. Ce dernier est destitué par le général Fazollah Zahedi le 19 août 1953, qui organisera avec la complicité des américains le retour triomphal du Chah en fuite. Et ce coup d’Etat que l’Amérique d’Eisenhower maquilla en soulèvement, n’a pas terminer à nous livrer ses secrets comme par exemple l’implication du général Norman Schwarzkopf  dont le fils devenu général commandera la première campagne d’Irak en 1991 d’après des documents officiels américains déclassifiés et des notes internes d’entreprises publiés par l’hebdomadaire le Time. Ainsi, le Chah se tournait définitivement vers l’Amérique, même si les britanniques avec le British Petroleum, héritière de l’Anglo Iranian Company, continuait à opérer en Iran, il reste que les américains fort de leurs cinq compagnies, ancêtres d’Exxon Mobil et de Chevron Texas, s’adjugeaient la part du lion avec au finish pas moins de deux milliards de baril pompés en 25 années d’exploitations contre 20 milliards de dollars d’aide pour financer l’armée du Chah et sa police secrète. Une entente parfaite matérialisée aussi par  l’adhésion de l’Iran au Pacte de Bagdad, la sœur jumelle de l’Otan au Moyen Orient en 1955, avant que le Chah ne lance la « Révolution Blanche ». Un pseudo programme de modernisation du pays, lancé en 1963 grâce à l’argent du pétrole qui était  en grande partie rapatrié aux Etats unis. Et ce statuquo est observé jusqu’en 1979, l’année où l’opposition islamiste obligeait le Chah à quitter le pays. C’est ainsi que la Révolution iranienne est née avec à la clé l’instauration d’une République Islamique, dirigée par l’Ayatollah Khomeiny, défendu par la milice des gardiens de la Révolution (Pasdaran). Une prise du pouvoir qui changea la donne et bouta l’Amérique mise sens dessus dessous avec la prise d’otages dans l’Ambassade américaine à Téhéran et l’Irangate, vente d’armes en secret à l’Iran par l’administration américaine de l’époque. Et depuis lors les relations irano-américaines sont marquées par le sceau d’une tension ambiante accentuée plus tard par l’embargo américain envers les Mollahs  né sur de supposées prétentions nucléaires iraniennes. Une tension quasi permanente qui poussait les Etats unis à mettre tout en œuvre pour faire échouer cette Révolution islamique. Par exemple, ils soutiendront l’Irak de Saddam Hussein dans la guerre qui l’opposait à l’Iran en lui vendant des armes de destruction massive et en faisant profil bas sur l’emploi de gaz contre des populations du Kurdistan irakien estampillées pro-iraniennes. Malgré toute cette hostilité, la Révolution dont la réussite continue toujours de surprendre plus d’un en occident, faisait son bonhomme de chemin. En effet, cet occident qui a toujours soutenu qu’il ne peut y avoir de démocratie chez les musulmans ni dans l’Islam, reste stupéfait aux avancées technologiques et à la stabilité politique en Iran. Mieux, Téhéran a su résister au baroud d’honneur américain, c’est-à-dire un embargo de plusieurs années. Un embargo pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, mais qui était plutôt destiné à provoquer un énième soulèvement contre le régime. Ainsi, après toutes ces conspirations qui ont lamentablement échouées et dont le seul but après la chute du régime bassiste de Bagdad, était d’étouffer la naissance d’une nouvelle puissance dans le Moyen et Proche Orient pour garantir le futur de l’Etat hébreux. Pourtant, ce dernier s’est doté de la bombe atomique dans les années 1960 avec la complicité de l’occident en particulier de la France. D’ailleurs, ce n’est cette dernière qui nous avait habituées dans les années 1990 à des essais nucléaires dans le Pacifique. Par exemple, tout le monde se souvient du scandale du Rimbo warior, ce bateau de l’ONG Green Peace, coulé sous Mitterrand par les services secrets français pour empêcher ses membres de rejoindre le Pacifique afin de montrer les préjudices nés des essais nucléaires français. Mieux, la France a réalisé 193 Essais nucléaires dans le Pacifique Sud entre 1966 et 1996. Tout cela pour dire l’hypocrisie qui entoure les relations internationales dont les grandes puissances occultent ces faits avérés et cautionnent l’attitude voyou d’Israël qui n’a pas signé jusqu’ici aucun traité de non prolifération nucléaire. Pis, comme on parle d’un monde plus sûr sans arme nucléaire, pourquoi certains pays ont le droit de posséder la bombe alors que d’autres non. On croit fermement que le monde deviendrait plus sûr si on démantèlerait les 14 000 ogives nucléaires en possession des grandes puissances, destinées ni plus ni moins à se faire peur, mais aussi à accentuer leurs mainmises sur le monde. Toutefois, cette conjoncture dans le golfe arabo persique résistait tant bien que mal aux nombreux soubresauts jusqu’en 2011, l’année dans laquelle, le Printemps, une vague de contestations bouleversait la plupart des régimes arabes. Des contestions pour réclamer plus de justice de démocratie et de partage équitable des richesses. Des contestations qui ont débuté en Tunisie et mis fin au règne de Ben Ali avant de gagner l’Egypte, la Libye, la Syrie l’Arabie Saoudite, le Maroc, lé Yémen… etc.). Mais, Tous les leaders des pays susnommés n’ont pas connu le même sort. En effet, certains pouvoirs arabes alliant le bâton et la carotte, ont pu négocier ce virage, alors que d’autres qui avaient opté pour la répression, ont passé à côté et finirent par perdre face à leur peuple meurtri et asservi à l’instar du colonel Kadhafi.

Par ailleurs, l’Arabie Saoudite qui a résisté à cette transition en réprimant la minorité chiite, surveille cette dernière depuis comme du lait sur le feu. Une communauté dont les membres  ne peuvent devenir ni des fonctionnaires encore moins prétendre à une fonction élective dans le royaume. Une minorité dont on soupçonne Téhéran d’être derrière. Ainsi, hantée par la montée en puissance de l’Iran sur la scène internationale avec son Président, Hassan Rohani issu des milieux réformateurs, l’Arabie Saoudite se barricade et se prépare à toutes les éventualités. En effet, le Président Rohani, un pragmatique qui s’était engagé dès son accession au pouvoir à sortir son pays du gouffre économique et de l’isolement conséquence de l’embargo, s’attela à concrétiser ce projet titanesque. Ainsi, à la différence de son prédécesseur, Ahmadine Nédjab, un va-t-en-guerre, Rohani instruit son ministre des affaires étrangères, Javad Zarif à entamer des négociations avec les puissances occidentales. Des pourparlers qui aboutirent, malgré l’hostilité des puissances arabes comme l’Arabie Saoudite, mais aussi d’Israël, à la signature d’un accord provisoire dès novembre 2013, suivi d’un deuxième accord à Vienne en Juillet 2015. Mais, Israël et l’Arabie Saoudite décidèrent de saborder l’accord provisoire. Toutefois, le Président Obama qui s’était engagé à la différence de G.W. Bush au désengagement militaire de l’Amérique dans certains théâtres d’opérations comme l’Afghanistan, l’Irak mais aussi à la fermeture de Guantanamo, ne pouvait rater cette occasion pour montrer au monde que l’Amérique ne se limite pas seulement aux néoconservateurs partisans de l’unilatéralisme qui a conduit à un anti-américanisme croissant. Il optait ainsi pour des négociations avec Téhéran pour mettre fin à cette crise du nucléaire qui n’a que trop durée. Ainsi, devant la réticence de l’administration d’Obama, l’Arabie Saoudite du roi Salman finit par se résigner à la position américaine, mais non sans prendre des mesures de rétorsions contre les Etats unis en signant des contrats commerciaux colossaux dans l’armement et dans d’autres domaines, mais aussi en nouant de nouveaux partenariats avec d’autres pays, snobant ainsi la puissante Amérique qui a commis le péché d’Israël de ne pas opposer son véto à la reprise des négociations sur le nucléaire iranien. Et quant à Netanyahou, Premier ministre de l’Etat hébreu, il décrochait une audience au Congrès en majorité républicains pour plaider sa cause sans associer le bureau ovale. Une attitude qui envenima davantage les relations entre Washington et Tel-Aviv. Conséquence, Barak Obama refusera de recevoir ce dernier au grand dam du puissant lobby juif.

Tout cela pour dire que ces deux pays, l’Arabie Saoudite et Israël même s’ils n’entretiennent pratiquement pas de relations diplomatiques, avaient le même objectif c’est-à-dire empêcher le retour de Téhéran sur la scène internationale. D’ailleurs qui ne dit pas qu’ils ne coopéreront pas pour contrecarrer Téhéran dans un futur proche. Une position due certainement à la situation actuelle dans le Proche et Moyen Orient où par exemple depuis 2003, les chiites en majorité en Irak, sont arrivés aux commandes, même si le pays fait face depuis 2014 à l’Etat islamique, un groupe terroriste qui prône un Califat islamique, il reste que la majorité chiite qui gouverne Bagdad fort du soutien indéfectible des mollahs, n’entend pas céder le pouvoir à la minorité sunnite comme au temps de Saddam Hussein. Toutefois, la progression des hommes d’Al Bagdadi de l’Ei ne fait aucun doute surtout après l’occupation de la deuxième ville d’Irak, Mossoul mais aussi Ramadi libéré récemment, non sans exploiter le pétrole qu’ils vendent au marché noir. Une manne financière que l’Ei utilise pour payer ses combattants et financer ses opérations extérieures.  En outre, du côté de la Syrie le  pouvoir chiite de Bachar El Asad continue à être ébranlé par la rébellion  née du Printemps Arabe. Une guerre civile qui a fait d’après les estimations plus de 300000 morts depuis 2011, où les saoudiens en compagnie d’autres pays arabes et les occidentaux soutiennent la rébellion, alors que le pouvoir syrien continue à jouir du soutien de Téhéran, du Hezbollah libanais et de la fédération de Russie. Une rébellion disparate où il ya d’une part des groupes terroristes comme le Front Al nosra affilié à Al Qaïda, l’Ei d’Al Bagdadi et d’autres groupes armés représentants l’opposition syrienne libre et d’autre part l’armée de Bachar El Asad. Même si, ce dernier est l’ennemi principal, ces différents groupes se battent aussi entre eux. Par exemple, on a l’Ei qui fait de Raqqa son centre de commandement et qui n’hésite pas à s’attaquer aux positions de l’armée syrienne libre ou du Front al nosra pour accroitre ses possessions en Syrie.

Puis, au Yémen la rébellion Outhis proche de Téhéran chassait le Président Saleh soutenu par Ryad en 2014. L’Arabie Saoudite qui a toujours s’immiscer dans les affaires intérieures de ce pays, finit par intervenir militairement non sans avoir auparavant former une coalition avec d’autres pays arabes pour procéder à des frappes aériennes contre les Outhis depuis pratiquement un an.

Tout cela pour dire où vont nous mener les rivalités entre Téhéran et Ryad après des affrontements indirects sur deux théâtres d’opérations, la Syrie et maintenant le Yémen. C’est la raison pour laquelle ces deux puissances qui se disputent maintenant le leadership dans le golfe arabo persique, s’accusent mutuellement de soutenir le terrorisme. Par exemple, en Syrie l’Iran accuse Ryad de soutenir des groupes terroristes comme le Front nostra, l’Etat islamique principalement de confessions sunnites qui prônent le Wahhabisme, alors que les autorités saoudiennes adressent les mêmes accusations à Téhéran. C’est l’imbroglio total, dans la mesure où même l’occident ne se retrouve plus, même si il ne doute pas que le terrorisme est financé en partie par l’argent des pétrodollars. Toutefois, avec la levée imminente des sanctions contre le pays des mollahs, l’Arabie Saoudite affine sa stratégie. Et dès décembre 2015, elle mit sur pied une large coalition contre le terrorisme après les attentats de Paris perpétrés par Daech le vendredi 13 novembre 2015. Une coalition qui est une sorte de réponse à l’occident qui soupçonne l’Arabie Saoudite de faire dans le clair-obscur, mais aussi un signal fort à Téhéran pour dire que Ryad est prêt à toutes les éventualités quid à réveiller les vieilles démons des rivalités sunnite-chiite. En fait, devant l’impossibilité de faire face à Téhéran pour le contrôle du leadership dans la sous région, du fait de paradigmes macroéconomique, sociaux et politique, l’Arabie Saoudite joue son va tout. Une option dangereuse et à condamner, dans la mesure où c’est tout simplement une lutte pour le leadership que les autorités saoudiennes veulent résoudre sur le plan confessionnel. Donc les sunnites n’ont pas le droit de laisser le roi Salman les entrainer dans une guerre contre les chiites aux conséquences incalculables, même si il est légitime de s’interroger sur les véritables intentions de Téhéran dans cette sous région. Mieux, les musulmans doivent refuser qu’une poignée de personnes les impose une quelconque guerre.

Dans le même ordre d’idées, on a l’impression que le roi d’Arabie Saoudite suit  un agenda précis. En effet, après la formation de sa coalition contre le terrorisme qui a vu l’adhésion de nombreux pays du Moyen Orient, du Maghreb et d’Afrique noire, Salman fait exécuter 47 prisonniers supposés terroristes dont un grand dignitaire religieux chiite, Nimr al Nimr symbole de la contestation contre le régime saoudien au début du mois de janvier 2016. Une décision qui envenima davantage l’axe Ryad-Téhéran, dans la mesure où la condamnation du pouvoir iranien ne s’est fait pas attendre. Mieux, des manifestations spontanées dans les rues de Téhéran sont organisées pour exprimer amertume et désolation. Des manifestations qui ont abouti à l’incendie de l’ambassade saoudienne à Téhéran. Et c’était l’escalade verbale entre les deux capitales, suivi de la rupture des relations diplomatiques. Pis, d’autres alliés de Ryad comme le Bahreïn, le Qatar, le Soudan entre autres vont lui emboîter le pas en rompant leurs relations diplomatiques avec Téhéran. Puis, quelques jours plus tard, Téhéran accuse l’aviation saoudienne d’avoir délibérément bombardé son ambassade au Yémen. Un escalade qui inquiète plus d’un et qui pousse l’occident à appeler Ryad et Téhéran à la retenue.  D’ailleurs, c’est comme qui dirait que les autorités saoudiennes voulaient pousser Téhéran à la faute à quelques jours de la signature de l’accord définitif sur le nucléaire qui va mettre un terme aux sanctions imposées par l’occident depuis 2008. Mais, les autorités iraniennes restent imperturbables à ce qu’elles qualifient de provocations inacceptables de l’Arabie Saoudite. Et c’est de bonne guerre, dans la mesure où les enjeux sont énormes. Ainsi, l’attitude iranienne finit par payer avec l’échange de prisonniers entre Téhéran et Washington. Il s’agit de binationaux comme le journaliste du Washington Post Jason, du pasteur Saïd et de trois autres personnes emprisonnés en Iran contre sept iraniens incarcérés aux Etats unis. Et le samedi 16 janvier 20016, le rapport de l’AIEA (l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique) indiquait que l’Iran respectait ses engagements. Conséquence, les sanctions contre l’Iran sont levées illico presto. Donc, une nouvelle ère s’ouvrit pour l’Iran avec des perspectives en vue comme l’a aussitôt indiqué le gouvernement iranien qui soutient qu’il va accroître sa production en or noir de l’ordre de 500000 barils, malgré le contexte international de chute vertigineuse du prix du baril qui avoisinait les trente dollars. Et ce n’était pas pour rien que le journal algérien El Watan titrait au lendemain de l’accord à sa Une « vers un baril à 20 dollars ». Tout cela pour dire que le pétrole iranien va davantage peser sur le prix sur le marché avec l’Arabie Saoudite qui fait face à un déficit budgétaire sans précédent de plusieurs dizaines de milliards de dollars et qui refuse jusqu’ici de réduire sa production, malgré l’abondance du Brent de la mer du Nord. Pis, on  observera le même scénario le 17 Avril 2016 avec la réunion de l’OPEP qui s’est tenue à Doha pour trouver un accord pour le gel de la production de pétrole afin de stabiliser le prix du baril. Un vœu de l’OPEP qui s’est heurté aux rivalités  Arabie Saoudite et Iran. Ce dernier, en effet refusa de geler sa production, arguant qu’il a besoin de liquidité. Malgré, les 100 milliards de dollars bloqués depuis près de quinze ans par l’occident en particulier les Etats Unis, qui vont pourtant rentrer dans les caisses de la République Islamique d’Iran. Mieux, les entreprises étrangères en particulier occidentales se bousculent à Téhéran pour bénéficier de contrats juteux dans des secteurs comme le transport. Par exemple, le ministre iranien du transport a annoncé récemment l’achat de 118 Airbus de l’avionneur européen et pas moins de 100 Boeings dans le cadre d’une vaste campagne de renouvellement de la flotte iranienne en état de vétusté avancée. Tout cela pour dire que l’occident, en particulier les Etats n’ont que des intérêts et tant que ces derniers ne sont pas menacés, ils n’hésiteraient pas à faire des virages à 180o. Mieux, le quarante sommet de Davos, (rencontre de la crème capitaliste mondiale) en était une belle illustration, avec l’allocution de la délégation iranienne, retransmise en directe dans certaines capitales occidentales. Une délégation dont le discours a plu à l’occident. Car un discours, accès  sur les opportunités d’investissements en Iran. Puis, quelques jours c’est-à-dire le 25 janvier 2016, c’était le tour du Président Hassan Rohani accompagné de cinq ministres et près de cent vingt  chefs d’entreprises et d’entrepreneurs, d’effectuer une visite en Italie, première étape d’une tournée européenne. Conséquence, les signaux semblent actuellement au vert pour Téhéran qui multiplie les initiatives chaque jour que Dieu fait. Et pendant, ce temps l’option confessionnelle (rivalités entre sunnites et chiites) semble se préciser pour l’Arabie Saoudite, malgré les pourparlers sur le Yémen ouverts au Koweït en mi-avril pour le règlement du conflit. En effet, après l’exécution de Nimr al Nimr suivi de la rupture des relations diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, certains alliés de Ryad qui l’avaient suivi dans cette escalade, continuent d’attiser les tensions dans la sous région. Par exemple, le pouvoir Bahreïni a condamné le 25 janvier 57 chiites accusés de mutinerie. Et ces genres de mesures ne participent à apaiser cette tension ambiante qui, si on n’y prend pas garde, peuvent conduire à un conflit armé.

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Ndianajuala Diallo

chargé des statistiques aux Cours Privés Cheikh Anta Diop Académie (CADA) Thiès
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